Cyberflashing : l’envoi de photos sexuellement explicites avec AirDrop bientôt puni par la loi

Mobilité

Le conseil municipal de New York a été informée d’actes de cyberflashing, à savoir l’envoi de certaines images sexuellement explicites, via des téléphones portables, à des inconnus dans le but de les harceler, de les choquer ou de les stresser.

cyberflashing

L’attention du conseil municipal de la ville de New York a été attirée par la divulgation de certaines images, plutôt intimes, qui auraient été transmises, via des téléphones portables de poche, à des inconnus dans le but de les harceler, de les choquer ou de les stresser.

Si le projet de loi présenté par le conseil la semaine dernière se concrétise, des armées de photographes spécialisées dans les parties basses de l’anatomie, pourraient se voir infliger de lourdes sanctions.

Le projet de loi prévoit de considérer comme un délit “une personne qui envoie une vidéo ou une image sexuellement explicite, et non sollicitée, à une autre personne dans l’intention de harceler, de choquer ou de stresser cette autre personne”. Toute personne prise en train de commettre fièrement un tel acte délictueux encourt un an de prison, une amende maximale de 1 000$ (environ 880€), ou les deux.

C’est ce qu’on appelle le cyberflashing et c’est une version moderne de l’exhibitionnisme qui évite d’avoir à porter un long manteau et des baskets pour pouvoir s’enfuir rapidement. Le terme fait référence à la pratique consistant à envoyer des photos obscènes à des inconnus via AirDrop d’Apple : une application de partage de fichiers iOS qui permet aux utilisateurs d’envoyer instantanément des photos, des vidéos et des documents via une connexion sans fil à toute personne dans un rayon de 10 mètres qui a laissé la fonctionnalité ouverte afin d’être contacté par n’importe qui.

Par défaut, AirDrop est configuré pour permettre aux appareils d’accepter du contenu uniquement en provenance de personnes présentes dans votre liste de contacts. Malheureusement, les gens la configure souvent pour accepter du contenu en provenance de tout le monde et n’importe qui, en oubliant de la limiter uniquement à leurs contacts.

Cela a conduit à un nombre croissant d’incidents, comme ce qui est arrivé l’année dernière à une écrivaine britannique du Huffington Post, qui a déclaré qu’elle avait été victime de cyberflashing en recevant 120 images sexuellement explicites alors qu’elle circulait dans le métro de Londres.

A l’époque, en août 2017, la police de Londres ne pensait pas que le cyberflashing s’était transformé en épidémie, malgré les gros titres évoquant “l’horrible engouement pour les transports en commun“.

Cependant, le Royaume-Uni est en avance sur New York sur ce point : l’envoi d’images indécentes est classée dans la section 66 du Sexual Offences Act (2003), car cet acte est similaire à celui consistant à montrer ses organes génitaux au destinataire en faisant en sorte qu’il soit “gêné voire même choqué. La violation de la loi est punie d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans.

Un petit problème : l’anonymat

Pénaliser les exhibeurs de pénis et d’autres attributs privés est une décision satisfaisante, mais il y a un problème : AirDrop permet aux gens d’envoyer des images de manière anonyme. Cela permet également aux destinataires de rester anonymes : les expéditeurs risquent de ne jamais savoir qui, dans un rayon de moins de 10 mètres, a reçu leur petit cadeau, car AirDrop identifie uniquement les téléphones à proximité par leurs surnoms.

Quoi qu’il en soit. Donovan J. Richards, membre du conseil municipal du Queens, un quartier de New York, et co-sponsor du projet de loi, a déclaré au New York Times que ce projet visait à sensibiliser l’opinion publique et à atténuer le sentiment d’impunité qui stimule ceux qui envoient ce type de photos :

Si vous le faites, le message que nous vous envoyons est que le prix à payer est une amende ou une peine de prison.

AirDrop fonctionne via le Wi-Fi et Bluetooth. Une fonction similaire est disponible, depuis peu, sur certains appareils Android sous la forme d’une fonctionnalité appelée AirDroid qui offre un transfert de fichier sans fil.

Mais ce qui rend les périphériques iOS particulièrement sensibles au cyberflashing, c’est qu’AirDrop affiche automatiquement un aperçu de l’image lorsqu’il demande à un destinataire d’accepter ou de refuser une photo. Il est donc impossible de ne pas voir la missive charnue si la fonction est activée et ouverte à la réception de contenu de la part de n’importe qui.

Comment ne pas voir la missive charnue

Pour éviter que vos yeux ne soient agressés, désactivez AirDrop ou configurez-le pour une utilisation uniquement à partir des contacts dans votre téléphone (paramètre par défaut d’Apple).

Voici comment empêcher de recevoir sur votre téléphone ce type de contenu :

  • Dans la rubrique “Réglages“, sélectionnez “Général” et rendez-vous sur AirDrop, choisissez ensuite “Réception désactivée” ou “Contacts uniquement”. Le paramètre “Tout le monde” ouvre la porte en grand à n’importe qui.
  • Sur les nouveaux iPhones, vous pouvez également balayer vers le haut d’un doigt depuis n’importe quel écran pour afficher le centre de contrôle. Appuyez sur l’encart des paramètres réseau contenant les icônes Bluetooth et Wi-Fi et maintenez-le enfoncé pour ouvrir un autre menu contenant l’icône AirDrop. Appuyez dessus, et les options suivantes vous seront proposées : “Réception désactivée”, “Contacts uniquement” et “Tout le monde”.


Billet inspiré de AirDrop an unwanted nude pic and you could face stiff penalties, sur Sophos nakedsecurity.

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