Le cryptomining ne vous rendra pas riche !

Cybersécurité

Le cryptomining consenti est-il une alternative simple à la publicité sur internet ? Attention ! car pour avoir une chance d’être viable sur un PC moyen, Monero cryptomining doit utiliser des cycles processeurs, soit l’équivalent au minimum de 25% des performances, voire plus !

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Le cryptomining consenti est-il une alternative simple à la publicité sur internet, comme le pensent certains éditeurs ?

Bien sûr, il ne fait pas l’unanimité, comme l’a découvert le site d’actualité Salon, il y a un mois, quand il a demandé aux visiteurs de choisir entre la désactivation du adblocker ou permettre au site de lancer ce qui était identifié dans les pop-ups comme le mineur AuthedMine Monero (XMR) de Coinhive.

La principale raison pour cet accueil négatif n’est pas difficile à deviner : pour avoir une chance d’être viable sur un PC moyen, Monero cryptomining doit utiliser des cycles processeurs, soit l’équivalent au minimum de 25% des performances, voire plus.

La plupart des utilisateurs le remarqueront et voudront le désactiver. Mais même s’ils ne le font pas, il se pose tout de même la question éthique de savoir si les utilisateurs qui ont consenti, n’auraient pas aussi compris les implications d’offrir une partie de la performance de son PC à un site web pour qu’il l’utilise à ses propres fins.

Maintenant, un nouveau calcul basé sur l’étude d’un cas réel a soulevé un problème plus surprenant : le cryptomining pourrait ne pas être assez rentable tout simplement.

Selon des données recueillies par un groupe de chercheurs, une entreprise qui a intégré Coinhive sur 11 000 domaines “parqués” (c’est-à-dire sans contenu), a généré 0,02417 XMR pendant trois mois pour une valeur de 7,69$ (6,25€).

Bien que le temps de visite moyen n’ait été que de 24 secondes et que le nombre de sessions n’ait atteint que 105 000, la somme semble beaucoup moins optimiste que l’estimation de Coinhive, à savoir 0,3XMR (actuellement 63€), avec “10-20 mineurs actifs”.

Ce qui compte, c’est la comparaison avec l’affichage des mêmes pages avec un modèle publicitaire conventionnel. C’est une question de conjecture, mais les auteurs estiment que :

Des outils de calcul web disponibles gratuitement suggèrent que nous pourrions nous attendre à un ordre de grandeur deux fois plus important pour un trafic comparable.  

Une autre façon de mesurer la viabilité du cryptomining consiste à se demander s’il a une chance de couvrir les coûts de publication.

L’éditeur de Virus Bulletin, Martijn Grooten, qui a approfondi le calcul de l’étude, a tweeté :

Donc, concernant le mining de cette cryptomonnaie intégré au navigateur comme une alternative aux publicités, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de calculer les taux de hachage pour se rendre compte que le site ne dégagera pas assez d’argent.  

Je pense que nous oublions le coût réel moyen d’un article et donc combien d’argent doit être (et est souvent) généré par les annonces … 

Ou encore peut-être, simple spéculation ici, que la décision de Salon d’essayer le cryptomining fait simplement partie d’une stratégie astucieuse conçue pour amener les lecteurs à considérer les adblockers de manière plus positive !

Certaines personnes pensent qu’il vaudrait mieux que les lecteurs paient juste pour lire des articles, par exemple grâce à des programmes tels que Google Contributor qui permet des micro-paiements. Lancé en juin dernier, l’adhésion à ce type de programme a été modeste à ce jour, mettant ainsi les gens à l’écart car ils ne peuvent pas utiliser leur crédit sur un nombre suffisant de sites.

Le petit paradoxe de tout cela est que pendant que les éditeurs se débattent, la cryptomining sous sa forme non consentie, à savoir le cryptojacking continue d’être un réel problème. Peut-être que quelqu’un, quelque part, fait de l’argent avec Monero !


Billet inspiré de Cryptomining isn’t going to make you rich, sur Sophos nakedsecurity.

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