Facebook en train de perde son combat contre les fake news ?

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Le combat contre les fake news sur Facebook à commencer grâce au système de vérification des faits, entre autres, mais cette lutte est elle vraiment efficace ? L’éradication des fausses nouvelles est elle vraiment souhaitée ?

fausses nouvelles

Des photos volées montrant comment Obama pratique l’Islam à la Maison-Blanche ! La légalisation par Trump de la chasse aux pygargues à tête blanche ! … L’annulation par le président du Saturday Night Live !!!

Qu’est-ce que toutes ces infos ont en commun ?

Il s’agit de fausses nouvelles, elles ont toutes été repérées, et pourtant, vous pouvez toujours trouver ces “news” et les articles associés sur Facebook.

Nous savons déjà que depuis les élections présidentielles américaines de 2016, Facebook et d’autres plateformes sociales ont été en ligne de mire concernant ces fausses nouvelles.

Aujourd’hui, grâce à un rapport de the Guardian, nous savons aussi que malgré le nouveau système de vérification des faits de Facebook (fact-checking), ses partenariats avec des fact-checkers, tels que Snopes, ABC News, Politifact, FactCheck et Associated Press, et son nouveau tag “Actualité contestée”, qui est supposé stopper les fausses nouvelles, mais ne le fait pas, ces fausses histoires continuent de se porter à merveille, merci beaucoup !

Prenez par exemple ABC News, l’un des partenaires de vérification des faits de Facebook. Vous trouverez une douzaine d’histoires bidons sur son site “Fact ou Fake“. Mais vous trouverez pour une bonne moitié, des versions de ces faux articles qui se promènent tranquillement sur Facebook, et ce sans le tag “Actualité contestée” !

Par exemple, en voici une illustration avec cette supposée trahison d’Obama vis-à-vis de Trump qui rôde toujours :

fausses nouvelles

Outre ce coup d’Etat d’Obama, on trouve une histoire affirmant qu’Obama construit sa propre statue pour la Maison Blanche, un article mentionnant que les républicains acceptent des paiements secrets de la part d’Hillary Clinton et bien d’autres encore.

Non seulement les faux articles ne sont pas correctement taggés, mais il existe une conséquence à cette guerre contre les fausses nouvelles que nous aurions dû anticiper, d’une certaine manière : à savoir que le trafic vers certains articles taggés comme faux a grimpé en flèche, comme une sorte de réaction à ce que certains groupes voient comme une tentative de masquer la “vérité”.

C’est exactement ce qui s’est passé avec un article de Newport Buzz sur le “commerce des esclaves irlandais” qui a est “tombé aux oubliettes”, éclipsé par la traite négrière africaine. L’article affirmait de manière erronée que des centaines de milliers d’irlandais avaient été amenés aux États-Unis en tant qu’esclaves. Facebook l’a alors signalé comme une potentielle fausse nouvelle, et c’est à ce moment là qu’il est devenu viral !

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The Guardian a cité Christian Winthrop, l’éditeur du site local de Rhode Island, qui a publié l’histoire :

Une poignée de groupes conservateurs a saisi ceci et a déclaré : “Hey, ils essaient de faire taire ce blog, partagez, partagez, partagez !”. Avec, en parallèle, Facebook qui essayait de l’étouffer justement en disant : “Ne partagez pas”. L’’effet obtenu a été au final tout l’inverse.  

Certains des partenaires de presse travaillant sur les fausses nouvelles disent qu’il est difficile de savoir si le nouveau système de Facebook et son tag “Actualité contestée” ont réellement des effets. Brooke Binkowski, la rédactrice en chef de Snopes, a déclaré à The Guardian que des fausses nouvelles sont toujours bien présentes et en quantité.

En l’absence de données, il est difficile de savoir si quelque chose a vraiment changé, disent-ils. Facebook a refusé de partager le type de données susceptibles d’aider, comme par exemple le nombre d’articles qui ont été taggés, comment ce signalement avait influé sur le trafic et le combat mené, s’il y avait des sites web spécifiques cités plus fréquemment que d’autres, et combien de temps après leur publication les signalements avaient été ajoutés.

Facebook a déclaré à The Guardian que l’entreprise “a vu qu’un flag contesté entraînait une diminution du trafic et des partages”, mais a refusé d’en dire plus.

Certains des sites qui publient des fausses nouvelles ont déclaré qu’ils avaient vu une baisse du trafic depuis que Facebook a commencé à utiliser la vérification externe des faits, mais ils n’ont pas donné plus de détails sur cette réduction.

Jestin Coler, un écrivain qui a fait l’objet d’une grande attention pour les fausses nouvelles qu’il a publiées l’année dernière, a noté que Facebook essayait d’agir en amont, en se battant contre les fausses nouvelles qui deviennent virales bien avant que les systèmes mis en place par le réseau social, les partenaires ou les utilisateurs de Facebook n’aient la possibilité de les signaler.

Ces histoires sont comme des fusées éclairantes. Elles apparaissent et explosent dans la journée. Si vous avez trois jours de retard sur une vérification des faits, vous avez déjà manqué le bateau ! 

Coler n’est plus dans le business des fausses nouvelles, mais Facebook n’y est pour rien. Pas plus que l’aspect peu lucratif des nouvelles fausses : en effet, il a déclaré à NPR que des histoires sur d’autres créateurs de fausses nouvelles qui récupéraient entre 10 000 $ et 30 000 $ par mois s’appliquaient bien à lui également.

En réalité, il est sorti de ce business des fausses nouvelles à cause de sa conscience, a-t-il déclaré à NPR.

Mais avec tout cet argent sur la table, vous vous posez la question suivante : Facebook veut-il vraiment arrêter la propagation des fausses nouvelles ?

Probablement pas, a déclaré Melissa Zimdars, professeur adjoint en communication et médias au Collège Merrimack. Zimdars a créé une liste de sites d’actualité non fiables qui sont devenus viraux. Elle a déclaré à The Guardian qu’elle pensait que Facebook essayait tout simplement de s’échapper par le bas de cette mauvaise presse, avec tous ses efforts anti-fausses-nouvelles :

Ma lecture initiale est qu’il s’agit en fin de compte d’un coup de pub. C’est pas cher à faire. C’est facile. Ils n’ont pas à faire quoi que ce soit.  

Facebook, pour sa part, dit que les tags “Actualité contestée” ne sont qu’un outil parmi d’autres dans sa boite. Voici ce que Facebook a déclaré à the Guardian :

Nous prenons très au sérieux cette lutte contre les fausses nouvelles et nous utilisons une approche globale. Il n’existe pas de solution miracle, c’est pourquoi nous avons déployé un plan varié, concerté et stratégique.


Billet inspiré de Facebook is losing the fight against the spread of fake news, sur Sophos nakedsecurity.

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