Le droit à l’oubli : “Hidden from Google” n’oublie pas !

Le droit à l’oubli : “Hidden from Google” n’oublie pas !

La cour de justice de l’Union Européenne a forcé Google, par le biais du droit à l’oubli, à effacer le passé, jugé aujourd’hui dépassé, de certaines personnes.

Quelques jours après que la cour ait ordonné ce droit à l’oubli, les citoyens européens ont assailli Google de demandes de retrait d’informations, avec undroit à l'oubli rythme de 10000 requêtes par jour.

Ainsi, le nombre de demandes cumulées a atteint 50000, la semaine dernière, selon Chilling Effects.

Mais ces pages que l’on souhaite voir disparaître, n’ont pas vraiment été tuées techniquement, ou encore effacées.

Concernant plus précisément cette directive, la cour n’a pas autorisé les européens à disposer complètement de ce droit à l’oubli. A la place, elle leur a donné un droit à l’oubli relatif, se résumant plus exactement à des pages ciblées, qui n’apparaîtront plus dans les résultats des moteurs de recherches.

Le site web : « Hidden From Google », déclare que son objectif est de lister tous les liens, qui viennent d’être censurés sur les moteurs de recherches, suite à l’application de cette nouvelle décision européenne.

Le site déclare ceci :

Cette liste est une manière d’archiver les actes de censures sur internet. Il revient aux lecteurs de décider si notre liberté d’expression est violée ou respectée par l’application de la nouvelle loi européenne.

Le débat concerne le libre accès à la connaissance, ou au contraire la censure de celle-ci.

Dans les faits, des milliers de demandes sont venues de groupes ou individus, incluant d’importantes banques, un politicien avec un passé obscur, un pédophile reconnu coupable, et un homme qui a tenté de tuer sa famille, et qui voulait retirer les liens concernant son crime.

« Hidden From Google » n’est pas exhaustif, il n’archive pas automatiquement tous les sites fraîchement rendu invisible pour les moteurs de recherches.

En fait, il s’appuie sur une communauté d’utilisateurs, de journalistes et d’avocats qui soumettent des liens et vérifie les mises à jour.

En réalité, mardi dernier, seulement une douzaine des sites avaient été effacés, et une note d’accompagnement  informait les visiteurs que certains liens censurés avaient été retirés du site.

« Hidden From Google » a été lancé par Afaq Tariq, un développeur web américain de l’état du New Jersey.

Tariq, de son côté, a déclaré qu’il n’était pas sûr que le droit à l’oubli gagnerait contre le droit du public à une connaissance non censurée.

Cependant, il s’est engagé à ouvrir le débat au grand jour. Il a déclaré à Motherboard :

Que je sois d’accord ou non avec ce concept, c’est une manière, tout à fait légitime, d’archiver des actes émanant d’une décision sociétale. Ainsi, une discussion ouverte sur la question, et son réel impact, peut avoir lieu. J’ai crée ce site avec, en tête, la notion de débat responsable et correctement argumenté.

Chilling Efftects, le bureau central émanant du « Digital Millennium Copyright Act » pour toutes les demandes de retrait, n’a pas décidé, pour l’instant, s’il devait ou devrait répertorier tous les sites effacés, dans l’ordre de décision de la cour.

Emily Hong, membre de » Chilling Effect », a expliqué dans un article posté sur le blog, combien il était difficile d’évaluer l’importance d’une demande de confidentialité et de liberté d’expression :

Etant donné la subjectivité implicite du contenu, les demandes relatives au droit à l’oubli, promettent d’être encore plus ambiguës que celles concernant le copyright. Les services de notification classiques joueront très probablement avec la balance entre confidentialité et liberté d’expression, en faisant des requêtes frauduleuses, à la fois faciles à envoyer et difficiles à contredire.

Sur un total de 5000 notifications reçues, le taux “erroné” d’acception des demandes, concernant l’entrave à la liberté d’expression, affichait 0.1%, soit 50 cas. Vous pouvez augmenter ce chiffre allégrement.

Le business des Médias crie déjà au scandale, à propos de ces retraits, et cela est facile à comprendre. Un des premiers liens sur lequel j’ai cliqué en visitant « Hidden From Google » concernait une guerre des post-it à Paris, sur les vitres des bureaux.

Cela me semble inoffensif, et surtout qui cela dérange t-il vraiment ?

S’agissait-il d’une compagnie qui ne voulait pas s’encombrer avec l’idée que ses employés pouvaient passer du temps à créer des mosaïques de bitmaps, similaires à bob l’éponge ?

Plus nous entendons parler de ce droit à l’oubli, plus nous pensons que cette initiative est discutable.

Je veux connaitre le passé trouble d’un politicien, je veux savoir si quelqu’un a été condamné pour abus sexuel sur un enfant.

Je veux découvrir comment des employés français travaillant en openspace, gaspillent leur temps en utilisant de fournitures de bureau de manière artistique.

Le monde dans lequel nous vivons est relativement glauque, et nous devons pouvoir en voir toutes les facettes.

Etes vous d’accord, ou pensez vous que j’ai perdu totalement la notion de droit à la confidentialité. Merci de partagez vos pensées dans la section commentaire ci-dessous.

Billet inspiré de : “ ‘Hidden from Google’ site remembers the pages Google’s forced to forget” par Lisa Vaas de Naked Security.

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