Cybersquattage : le site web d’un romancier pris pour cible par un auteur frustré

Cybercriminalité

Si vous avez visité le site web du célèbre romancier canadien Patrick deWitt récemment, vous avez peut être vu s’afficher le message surprenant suivant : “CE N’EST PAS PATRICK DEWITT”.

cybersquattage

En fait le domaine a été victime de cybersquattage. Le cybersquatteur en question avait d’ailleurs des ambitions littéraires.

Cet écrivain non publié a apparemment remarqué que deWitt avait laissé son domaine à l’abandon et a décidé de l’enregistrer à son nom. En cliquant sur la page, vous accédez à la rubrique “À propos/About” qui affiche le texte ci-dessous :

Patrick deWitt est un auteur primé qui a écrit 4 romans à succès.

Ce n’est pas son site.

Je n’ai fait aucun film. Je n’ai écrit aucun livre primé.

Si vous voulez faire quelque chose de particulièrement ingrat, écrivez un roman.

Quoi qu’il en soit, Patrick deWitt n’utilisait plus ce site, alors plutôt que de perdre votre temps avec une page blanche, j’ai pensé me joindre à vous ici même et partager un moment avec vous.

Comme si cette initiative effrontée ne suffisait pas, le scribe sournois a également publié son propre manuscrit sur ce site. Intitulé “In God’s Silence, Them Devils Sang“, l’auteur le décrit comme un western plutôt caustique.

La nouvelle de ce cybersquattage a été publiée sur Internet très récemment, mais cela dure depuis un certain temps maintenant. La première instance du site cybersquatté apparaît sur la Wayback Machine (un site qui archive des clichés instantanés de pages web) le 10 novembre 2018.

Le cybersquatteur semble s’être montré nettement moins arrogant suite à la divulgation de son œuvre en ligne. Pas plus tard que le 12 janvier de cette année, le site contenait un message légèrement plus long, ajouté à la suite du texte initial dans la section “À propos/About” :

PS : M. deWitt, si vous voulez récupérer votre site, faites le moi savoir. Je n’essaie pas de vous faire chanter, vous, vos producteurs, la maison d’édition ou votre agent littéraire. Je veux juste que vous lisiez mon manuscrit.

Oh M***e, je viens de réaliser que c’est la définition même du chantage dans le dictionnaire. Désolé, je suppose que je voulais juste dire que je ne suis absolument pas intéressé par l’argent.

Par la suite, le site a proposé un tout autre texte : un récit de vie à la première personne d’un orque captif. Du western caustique à Sauvez Willy.

DeWitt est un ermite autoproclamé vis à vis d’internet. Non pas parce qu’il méprise la culture populaire, mais plutôt parce qu’il la trouve trop addictive. Dans une interview à Buzzfeed en 2015, il a déclaré qu’il aimait tellement la distraction offerte par les médias qu’il devait leur tourner le dos pour pouvoir se concentrer. Cela impliquait apparemment de laisser également son domaine à l’abandon.

Son site légitime est apparu pour la dernière fois sur la Wayback Machine le 24 novembre 2014, faisant la publicité de son roman “Les Frères Sisters“. A partir du 17 décembre 2014, il avait été remplacé par un message d’erreur expliquant que le site ne pouvait pas être affiché. Ce message est resté pendant des années, en alternance par moment avec une page annonçant que le domaine était occasionnellement parqué.

La situation aurait pu être bien pire pour deWitt. En effet, être victime de cybersquattage n’est pas une expérience agréable, mais au moins l’usurpateur en herbe est franc et n’essaie pas de se faire passer pour l’auteur primé. Même si vous ne prévoyez pas de conserver un site web qui a fait la promotion de votre image ou de votre travail à un moment donné, il est tout de même utile de garder le domaine sous votre contrôle afin de protéger votre réputation (sans parler des adresses email qui peuvent y avoir été associées).

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Billet inspiré de Frustrated author cybersquats novelist’s website, sur Sophos nakedsecurity.

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