Mastodon : un nouveau venu dans l’univers des réseaux sociaux alternatifs !

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Mastodon : un nouveau venu dans l’univers des réseaux sociaux alternatifs !

réseaux sociaux alternatifsUn nouveau mois commence, et un nouveau venue fait son apparition dans l’univers des réseaux sociaux alternatifs. De temps en temps, un nouveau service émerge comme une alternative aux “géants des réseaux sociaux“, à savoir les médias sociaux tels que Facebook et Twitter qui brassent des centaines de millions d’utilisateurs. Ce mois-ci, il s’agit de Mastodon, une alternative au réseau social de micro-blogging Twitter, mais avec des principes forts en matière de protection de la vie privée et une orientation sans but lucratif. Nous avons appris que tous les “ados cools” utilisaient à présent ce service.

En effet, ils sont attirés par plusieurs choses. Le fait que les internautes soient séduits sans cesse par les nouvelles tendances sur le web est une des raisons : il existe toujours un nouvel outil intéressant à essayer.

Une autre raison est l’insatisfaction vis-à-vis de Twitter, qui a beaucoup stagné ces derniers temps, et a récemment revisité certains éléments de son interface utilisateur, suscitant la colère de ses utilisateurs.

Une autre raison concerne le contrôle de votre contenu. Lorsque vous publiez sur Twitter ou Facebook, vous donnez aux autres beaucoup d’informations vous concernant, et vous devenez ainsi le produit que le service en question offre du coup aux divers annonceurs. Facebook gagne près de 20 $ par utilisateur et par an aux États-Unis.

En tant que réseaux sociaux appartenant aux entreprises elles-mêmes, les grands médias sociaux deviennent la cible de nombreuses critiques : en effet, ils peuvent décider ce qui est publié ou non. Ils peuvent également décider ce que vous verrez et utilisent ces algorithmes pour vous contrôler. De plus, vous n’avez pas vraiment votre mot à dire si vous n’aimez pas cette manière de faire.

Les développeurs de ces réseaux sociaux alternatifs, davantage préoccupés par la protection de la vie privée, veulent redonner le pouvoir aux utilisateurs.

Plutôt que de stocker centralement toutes les informations et les données de l’utilisateur, Mastodon laisse aux utilisateurs le soin d’héberger leurs propres instances du service en question sur leurs propres serveurs. L’idée est que les instances fédérées du service feront appel à des groupes d’intérêts particuliers et attireront les clics des utilisateurs, tout en répartissant la charge que représente l’hébergement. Cependant, ces instances peuvent également rendre leurs données consultables par d’autres, ce qui signifie que votre ami sur une instance peut théoriquement vous retrouver sur une autre.

La protection de la vie privée est une préoccupation majeure de Mastodon, tout comme la capacité à protéger volontairement le contenu d’autres utilisateurs. Toute publication peut être mise à jour de manière sélective et privée, et peut également inclure des parties dans le message avec des avertissements de contenu, cachées automatiquement jusqu’à ce qu’un utilisateur choisisse explicitement de les lire.

D’autres tentatives de réseaux sociaux alternatifs

Mastodon n’est pas le premier projet à essayer de proposer une alternative aux géants des réseaux sociaux. Une alternative, lancée en mars 2014, a été baptisée Ello. Elle a été fondé sur le principe de ne jamais vendre des données utilisateurs ou afficher des publicités, mais il s’agit d’un service centralisé, qui s’est appuyé sur le capital risque, s’attirant les critiques des défenseurs de la vie privée dans l’univers des réseaux sociaux. Le manifeste d’Ello tente de préserver sa position d’entreprise d’intérêt public, et banni tous les aspects commerciaux.

Mastodon ressemble plus à Diaspora, un réseau social alternatif lancé en 2010, et qui utilise également une fédération décentralisée en open source, pour conserver l’indépendance des participants. Il est difficile de mesurer le nombre d’utilisateurs dans un réseau fédéré, lorsque les serveurs individuels (Diaspora les appelle des “pods”) peuvent choisir de révéler ou non leurs statistiques. Au moment d’écrire cet article, une liste de tous les pods répertoriés affichait 667 433 utilisateurs.

En allant plus loin sur le chemin de la décentralisation, d’autres se sont basé sur la technologie blockchain. L’un de ces réseaux sociaux est Synereo, une plate-forme de distribution de contenu qui veut utiliser cette technologie pour supprimer définitivement tout contrôle centralisé. Cependant, le projet est toujours basé sur des systèmes centralisés pour l’instant.

Pendant ce temps, le réseau social alternatif gratuit basé sur Ethereum, Akasha est actuellement en version alpha. Il utilise l’IPFS (Interplanetary File System), un réseau de stockage de fichiers peer-to-peer utilisant la technologie blockchain, comme base de sa plate-forme de stockage de données.

Il existe de nombreux autres réseaux sociaux alternatifs. En voici d’autres exemples.

Les défis : inertie, interopérabilité et idéologie

Les efforts de ces systèmes sont louables, mais quelle est la probabilité qu’ils réussissent ? Ils sont tous confrontés aux mêmes défis concernant leurs adoptions par les utilisateurs. Le premier défi est par exemple la facilité d’utilisation.

La plupart des utilisateurs ne sont tout simplement pas des experts en matière de technologie, et toutes étapes supplémentaires au niveau de la signature d’un formulaire de service en ligne constituent une réelle épreuve mentale. Les internautes s’inscrivent à Facebook car c’est facile. Par contre, avoir à parcourir une large gamme de serveurs fédérés différents, sans une compréhension claire des choix à faire et pourquoi, risquent de décourager un grand nombre de personnes.

L’autre raison pour laquelle les personnes s’inscrivent à Facebook est parce que tous leurs amis y sont. La masse critique est un paramètre crucial dans les réseaux sociaux. La loi de Metcalfe suggère que la valeur d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs.

Des analyses ont depuis mis en doute cette loi, en faisant valoir qu’il existait tout de même des nuances, telles que la qualité de ces utilisateurs, qui affecteront la valeur globale du réseau. Il faut prendre en compte également le rythme des innovations techniques au niveau du service sous-jacent d’un réseau. En effet, le nombre d’utilisateurs de Twitter s’est largement stabilisé.

Néanmoins, il n’en demeure pas moins que les grands réseaux sociaux sont bien présents. Si la plupart de vos amis utilisent Facebook ou Twitter, le fait de quitter ces réseaux signifie s’écarter de vos proches également. Beaucoup de gens trouvent leurs réseaux sociaux en ligne trop important dans leur vie pour le faire.

Les géants des réseaux sociaux sont un peu comme un hôtel dans lequel vous vous êtes enregistrés mais d’où vous ne pourrez jamais partir. Ainsi, l’intérêt porté sur d’autres réseaux sociaux alternatifs, ou la force de répulsion exercée par les grands médias sociaux doit être très forte. La protection de la vie privée est généralement la raison idéologique principale pour quitter les réseaux historiques, et tenter quelque chose de nouveau. Mais est-ce suffisant ?

Si vous parcourez ce site web, il est fort probable que vous soyez conscients de l’importance de la cybersécurité et de la protection la vie privée. Vous comprenez donc très bien les enjeux. Mais vous êtes un groupe minoritaire. Un grand nombre de vos amis sur Facebook ne sont pas conscients de la quantité de données que les grands réseaux sociaux partagent à leur sujet, ou n’y accordent pas assez d’importance pour les pousser à investir du temps dans l’exploration d’une nouvelle plate-forme sociale.

Il se pourrait que ces nouveaux groupes de réseaux sociaux alternatifs ne s’en sortent pas si mal s’ils pouvaient communiquer entre eux, mais l’interopérabilité est un point faible. Diaspora comprend des connexions vers les sites sociaux majeurs et des applications sont en cours de construction pour relier Mastodon à Twitter, mais tout est encore en cours de développement, et en attendant les utilisateurs doivent le faire manuellement.

Il existe déjà des normes, de facto, qui pourraient aider ces sites à se connecter et à devenir un peu plus qu’un assemblage hétérogène d’éléments séparés. Mastodon supporte 0Status, un standard ouvert pour les mises à jour de statuts décentralisés, qui est en fait le protocole de communication qui permet aux différents serveurs fédérés d’échanger.

Mastodon supporte également GNU Social, un standard de fédération pour les réseaux sociaux qui permet à différentes instances (serveurs) de communiquer entre elles. Mastodon se décrit comme compatible avec GNU Social pour les communications serveur-serveur, mais “les applications clients qui ont été créées spécifiquement pour GNU social ne fonctionneront pas avec Mastodon”.

Pour menacer réellement les grands sites sociaux, les réseaux sociaux alternatifs ont besoin d’interopérabilité double : à savoir une interopérabilité serveur-serveur et serveur-client. La dernière permettra à une application de réseau social unique de supporter plusieurs réseaux back-end décentralisés. Cela entraînerait une adoption plus large par les utilisateurs, surtout si ces clients étaient a) efficaces et b) et disponibles sur Android et iOS, à partir desquels les réseaux sociaux sont les consultés.

Vous pouvez tout de même laisser une chance à Mastodon, ou à l’un des nombreuses autres alternatives proposées. Ou, si vous voulez être aussi déconnecté que possible tout en restant connecté, vous pouvez toujours essayer Scuttlebutt. Ce dernier, créé par un développeur qui vit sur un voilier en Nouvelle-Zélande, est un protocole qui imite le principe du bouche à oreille, les structures basées sur les potins, partageant des messages entre les utilisateurs qui sont amis les uns avec les autres lorsqu’ils sont connectés sur le même réseau. Il existe des serveurs fédérés, connus sous le nom de “Pubs” qui agissent comme des hubs pour échanger des informations plus largement, mais le réseau peut tout à fait survivre de manière indépendante sans ces derniers. En tant qu’exercice théorique de diffusion d’information, il s’agit d’une idée fascinante !

Enfin, vous pouvez simplement relancer de nouveau votre réseau social historique et revoir la même vidéo de Trump ou la vidéo d’auto-motivation positive que tout le monde a publiée cette semaine. Ensuite, vous pourrez mesurer les efforts de ce réseau pour vous manipuler. Si vous ne vous sentez pas mieux, vous pourrez toujours jouer au rebelle en tweetant à ce sujet !

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Billet inspiré de Mastodon: new beast to challenge Big Social, or another white elephant ?, par Danny Bradbury, Sophos NakedSecurity.

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